vendredi 7 juin 2019

Derrière le micro éxactement

Article "Derrière le micro éxactement", publié sur audiolalies.blogspot.fr, le 25 Mars 2015 (recopié pour la postérité, blog supprimé en 2019)




J'ai mis très longtemps à me décider à écrire cet article, me demandant s'il fallait vraiment le faire, si cela en valait la peine tant la révolution  pour l'instant silencieuse qui est en cours dans le domaine de l'audio va entraîner des changements inéluctables et  irréversibles dans nos conceptions et nos perceptions de ce qu'est une installation prétendant à la très haute fidélité. Le temps nécessaire à me décider vient aussi de la difficulté à  trouver le bon angle pour présenter la chose. N'en pouvant plus de retarder l'inévitable et désirant partager une expérience plutôt déstabilisante j'ai fini par me coller devant mon clavier et à me convaincre de parler de FDA. Et de fenêtre. Ouverte.

FDA ... Food and Drug Administration ?    

Ça y est, vous êtes en train de vous dire "il parle de fenêtre ouverte, de médicaments, l'asile n'est pas loin, heureux soient les fêlés car ils laisseront passer la lumière". Que nenni ami lecteur. FDA = Full Digital Amplifier. Ah oui mais encore ? Parce que bien sûr aujourd'hui tout le monde connait ce terme galvaudé de Digital Amplifier. Pour certains, c'est un amplificateur tout ce qu'il y a de normal mais avec une entrée numérique. Pour d'autres, c'est un ampli en classe D (ou T), appelé aussi "ampli à découpage".  Non, ce n'est rien de tout ça, un FDA est un amplificateur capable d'assurer la conversion de puissance du flux numérique qu'on lui soumet. Celle-ci, contrairement aux réalisations maintenant bien connues en classe D ou T, assure la conversion du flux numérique en volts et en ampères quasiment au niveau du bornier de raccordement des haut-parleurs, pour faire simpliste, à la différence d'un  amplificateur en classe D classique qui accepte en entrée un signal exclusivement analogique, lequel est ensuite échantillonné et amplifié en modulation de largeur d'impulsion (MLI, ou PWM en anglais). Dans un FDA il n'y a aucune étape de conversion A/N du signal bas niveau, fors la conversion de puissance, et ce "bas niveau" fait toute la différence. C'est bien sûr très grossièrement résumé, mais cela suffit à comprendre où réside la l'opposition avec tout ce nous connaissions jusqu'ici. Les curieux et les impatients ne manqueront pas de trouver les définitions et les concepts de cette technique avec leur moteur de recherche internet préféré, le but de cet article n'étant pas de donner un cours de technologie.

Deux minuscules amplis et une énorme claque

Disons le sans ambages : l'expérience d'une écoute avec un de ces jouets (ils en ont effectivement l'aspect) est un one way ticket, un billet sans retour pour l'amplification full digital.  En effet, pour moi il est hors de question de revenir en arrière, c'est tout simplement impossible, et ce pour une raison très simple qui est le bond qualitatif énorme procuré par un amplificateur entièrement numérique par rapport aux meilleurs amplificateurs connus jusqu'ici, quels qu'ils soient. Ceux qui ont eu l'occasion d'écouter mon système de référence savent à quelle hauteur la barre est placée pour qu'un appareil mérite ces commentaires.   D.SOUND D400 Pour faire une analogie, c'est un peu la différence qui existerait  entre regarder un paysage sur un écran où est affichée son image en haute définition et observer ce même paysage par une fenêtre ouverte. La comparaison n'est pas du tout exagérée. Durant les nombreuses heures passées à écouter les deux appareils dont il est question ici j'ai systématiquement eu la sensation très nette,  pour la première fois de ma vie,  de me trouver juste derrière les micros utilisés pour la prise de son. Quels que soient les amplis que j'ai pu écouter ou posséder je n'ai jamais ressenti cette immédiateté, cette évidence d'un son reproduit avec une absence totale de grain, de coloration, d'inertie, de flou ou d'autres artefacts présents dans la totalité des systèmes que je connais, quelle qu'en soit la réputation. Un tel choc auditif est bien sûr le résultat de la suppression des dégradations inévitables générées par les circuits analogiques présents dans tout amplificateur classique, fut-il considéré comme parfait. Jamais je n'ai ressenti une telle absence de medium entre le son enregistré et les haut-parleurs qui le donnent à entendre. A aucun moment on ne ressent de limite autre que ce qui a été capté par les microphones et fixé sur le support numérique.  Les écoutes ont été effectuées sur toutes sortes d'enceintes d'impédance moyenne allant de 4 à 8 ohms. Aucune n'a permis de mettre à mal les deux amplis, qui sont capables de faire demander grâce aux oreilles bien avant qu'eux mêmes ne montrent leurs limites. Le résultat le plus fabuleux a été obtenu sur les Kef 105.2 avec, sur les meilleurs enregistrements, une présence quasi physique des musiciens dans la pièce et des timbres d'une justesse et d'une vérité jamais ressentie avant.  Un des aspects les plus frappants de la transparence incroyable dont est capable un (bon) système avec un FDA est qu'une fois débarrassée des fioritures apportées par l'amplification analogique, la reproduction d'un enregistrement permet d'en percevoir très facilement des détails d'un niveau de finesse jamais entendu jusqu'ici et même les choix artistiques de l'ingénieur du son car oui, ces choix existent bel et bien et sont présents sur tous les disques. Voici donc les deux tueurs en question. Ils sont minuscules, ils sont moches, ils sont bien sûr chinois mais ils envoient définitivement au musée n'importe lequel des monstres qui font habituellement rêver l'audiophile.  FX-AUDIO D802 Ces deux appareils sont loin d'être les seuls représentants de cette nouvelle génération d'amplificateurs (il suffit de faire une recherche sur internet) mais ils ont l'avantage de contenir chacun des puces représentatives des technologies actuelles, à savoir les FDA de TI et STMicro. Le D.SOUND D400 utilise un circuit de la famille Purepath de Texas Instruments, le  TAS5342LA. Le FX-Audio D802  est quant à lui basé sur le STA326 fabriqué par STMicro. Les deux amplis acceptent en entrée le flux I2S sous les formats grand public habituels, à savoir SP/DIF coaxial et optique, et ils peuvent être raccordés à un ordinateur au moyen d'un cordon USB 2.0. Ils sont tous deux dotés d'une télécommande donnant accès à de nombreuses fonctions totalement inutiles, plutôt destinées à la clientèle des grandes surfaces d'électroménager et aux propriétaires de smartphones, mais comme elles sont d'emblée embarquées dans les puces sus-nommées l'occasion était trop belle pour que les intégrateurs que sont D.Sound et FX-Audio n'en fassent pas usage et publicité. Aussi ces amplis sont truffés de gadgets qui devraient plaire aux amateurs de modernisme de pacotille avec moult effets audio Rock, Jazz, Hip-Hop, Loudness et j'en passe. Je vous laisse découvrir tout cela vous-même dans les datasheets des puces et les descriptions commerciales des amplis. Heureusement toutes ces fonctions peuvent être désactivées, dès lors l'appareil ne fait que ce pour quoi il mérite notre attention : amplifier un signal.

Tous les FDA ne sont pas égaux !

En comparant très attentivement les deux amplis sur d'excellentes enceintes, on s'aperçoit rapidement qu'il existe entre eux des différences de performances. Sans pouvoir attribuer ces différences à tel ou tel choix d'architecture interne, de composant ou de mise en oeuvre il faut se rendre à l'évidence : la technologie STMicro est supérieure à celle de TI. Le niveau de qualité des registres medium et aigu restitués par le FX-Audio D802 est littéralement inouï : jamais je n'ai perçu un tel réalisme avec aucun des amplificateurs que j'ai pu écouter durant toute mon existence, qu'ils soient à tubes ou à transistors, en classe A, A/B, ou D ou T, qu'ils soient réputés ou pas. 

Bilan d'une rencontre du troisième type (d'ampli)

Il faut accepter cette cruelle vérité : un FDA envoie sur le champ les monstres sacrés de l'amplification linéaire au chapitre des dinosaures de l'histoire de l'audio. La page est définitivement tournée et tant pis si cela contrarie l'égo des propriétaires de monstres à dizaines de kilos d'acier, de cuivre et de silicium que certains aiment tant exhiber dans un salon. Les FDA ci-dessus, à peine plus gros que deux paquets de cigarettes,  ridiculiseront le monstre en quelques secondes. Après avoir lu ce qui précède (vous êtes arrivé jusque là, chapeau !) vous devez penser, au choix,  que je souffre d'une hypoacousie définitive, que je suis la Bernadette Soubirous de la Hi-Fi,  que j'ai succombé aux sirènes de la Rivière des Perles de Shenzen, ou encore que j'ai vraiment décidé d'emmerder les adorateurs de la triode et du TO3 en classe A réunis. Eh bien non, ce n'est rien de tout cela. Comme évoqué plus haut, dès les premiers instants d'écoute j'ai compris que j'étais en présence de quelque chose de révolutionnaire et que c'en était fini de tout le matériel analogique avec lequel j'avais l'habitude d'écouter de la musique.  Ainsi, adieu vieilles gloires, j'ai décidé de tout remiser dans les réserves du musée et de ne garder que les sources conservées uniquement en souvenir d'un temps à jamais révolu, à savoir quelques magnétophones, une platine vinyle et un tuner FM. A cette fin j'ai construit un minuscule mais fort pratique sélecteur de sources (j'en reparlerai) raccordé à un ADC afin de pouvoir profiter encore un peu de ces bons vieux serviteurs. Bien entendu ceci n'est qu'un ultime hommage au monde perdu de l'analogique, la source principale du FX-Audio D802 étant un lecteur de DVD relié directement à son entrée optique (vive le confort moderne : le choix de l'entrée s'effectue depuis la télécommande fournie). 
Le nouveau système tient dans le volume de quelques CD Pour conclure, je ne vais pas ressortir le dictionnaire de superlatifs mais en ce qui me concerne une page est définitivement tournée : celle de l'analogique et de ses limitations, que je considère désormais rédhibitoires tant elles sautent aux oreilles dès que l'on essaie d'y revenir. Je ne peux que vous inviter à essayer vous même un FDA, c'est la seule façon de se rendre compte du monde qui existe entre tout ce que vous avez connu jusqu'ici et ce que je perçois comme étant l'avenir de l'audio. Merci à Franck M. pour m'avoir fait découvrir les incroyables qualités de l'amplification FDA, il ne fait aucun doute que c'est LA technologie incontournable dans un système multi-amplifié.

samedi 27 octobre 2018

La dynamique inutile ...

... suite de l'article sur la dynamique.

J'ai démontré dans l'article précédant que la dynamique théorique de 140 décibels du 24 bits était 100% inutile pour des raison physiologiques. On va voir maintenant que celle du CD est déjà elle-même trop grande.

Je ne compte plus les fois ou on m'a fait la réflexion suivante : "la très grande dynamique du HIRES permet d'entendre un grand nombre de micro-détails : le son est plus "aéré". Ce qui est encore plus hilarant : c'est que certains de ces contradicteurs se prétendaient "Ingénieurs du Son"..

Pourquoi hilarant ? ben juste car c'est exactement le contraire de la réalité !

En effet, souvenons nous, la dynamique est un rapport (logarithmique) entre le niveau du plus haut signal musical reproductible et le niveau de bruit (bruit numérique dans le cas du CD, et autres formats numériques). La dynamique des CDs modernes est de l'ordre de 100dB.
Notons au passage, qu'en l'absence de bruit numérique : la dynamique d'un CD est infinie !! 
La dynamique du tourne-disque est de 60dB quand le disque est neuf, ensuite elle chute rapidement en dessous de 40dB quand les crachouillements augmentent avec l'usure. En clair la notion de "dynamique = 100dB" signifie qu'un son dont l'amplitude relative au signal le plus fort d'un enregistrement est de -100dB : n'est même pas mesurable : il est noyé dans le bruit. Dans la pratique il faut monter à -50dB pour commencer à percevoir un son à l'oreille de façon infime. La dynamique du CD est donc trop grande pour notre oreille, et celle du vinyle : trop faible.

Mais revenons à nos moutons : comment fabrique t'on un mastering "radio" ?

Je rappelle que les enregistrements qui passent à la radio ne sont pas des CD "normaux" : il s'agit soit d'un master spécialisé radio, ou d'un enregistrement standard traité "à la volée" au moment de la diffusion. L'objectif est d'obtenir une diffusion dans laquelle on fait remonter le volume des sons faibles : pour écouter en environnement bruyant (voiture par exemple). On entends donc beaucoup mieux tous les micro-détails de l'enregistrement, et pour cause : on les a amplifiés.

La réponse à "Comment fabrique t'on un mastering radio ?" est : "ON COMPRESSE MON BON MONSIEUR !!" ... et que fait le compresseur ? Il diminue la dynamique à environ 30dB (dans le cas de la radio).

Plus on compresse, plus la dynamique est faible : et plus on entends les détails !


Donc l'argument de la dynamique en faveur du HIRES est non seulement idiot pour les raisons physiologiques dont j'ai parlé dans le précédant article, mais doublement idiot compte tenu du fait qu'utiliser cette dynamique à 100% rendrait les détails des enregistrements inaudibles : on n'utilise jamais plus de 60dB sur les 140dB théoriques du 24 bit !

Ci-dessous un enregistrement HIRES 24bits / 96KHz de piano, haut de gamme, et récent : très peu compressé (voir pas du tout) : il plafonne à 60dB.









samedi 20 octobre 2018

De l'inutilité de 24bits pour la reproduction audio


Un point qui est trop souvent oublié par les audiophiles est la définition de la "dynamique" : la dynamique est un rapport logarithmique entre le niveau du plus haut signal musical reproduit et le niveau de bruit : c'est à dire que pour apprécier la dynamique du CD (environ 100dB avec les DAC actuels) dans un local d'écoute "normal" dont le niveau de bruit acoustique ambiant est de l'ordre de 20dB : il faut pousser le volume audio au delà du seuil de la douleur : 120dB à 1m ! (ce qui demande un ampli de 2 X 1000W RMS avec des enceintes de 90dB de sensibilité). 

Bon.. ça c'était le CD...


Maintenant pour comprendre que la dynamique 24 bits ne sert strictement à rien en écouten faisons la même démonstration : pour apprécier les 140dB de dynamique du Hires dans un local d'écoute ayant un bruit acoustique ambiant de 20dB : il faut monter le volume audio à 160dB à 1m, ce qui peut soit détruire les tympans, voir provoquer diverses hémorragies internes selon la résistance de l'idiophile qui tenterait l'expérience (faire voler les fenêtres et détruire une partie des murs...aussi) .... avec l'amplification nécessaire à ladite expérimentation : soit un ampli hypothétique de 2 X 1 million de Watts RMS ... et les enceintes de 90dN de sensibilité qui vont avec...





PS : pour le traitement DSP en studio : 24 bits est un must have, par contre :)

mercredi 29 août 2018

Harmonique est tu là ?

Suite à une discussion sur un forum, il me semble important de démystifier le concept d'harmoniques...
J'explique là-bas, sur ce forum, que les fréquences au dessus de 20KHz ne servent à rien, et le gars me challenge en répondant "et la construction des harmoniques ?"... ben oui ... les idiophiles pensent que les ultra-sons au delà de 20KHz vont créer des harmoniques qu'on peut percevoir dans le spectre audible...
Déjà : précisons qu'un signal ne contient pas naturellement de "sous-harmoniques" en l'absence de traitement diviseur d'octave : les harmoniques ont une fréquence supérieure au signal.
De plus rappelons qu'il est difficile pour une majorité d'oreilles d'entendre quoi que ce soit au dessus de 16KHz.

Enfin : le concept d'harmonique est purement mathématique : tout le monde parle d'harmoniques, mais il s'agit d'une modélisation mathématique consistant à décomposer un signal en une série de sinusoïdes (transformée de Fourrier). C'est pratique pour analyser un signal audio, mais ce n'est pas quelque chose de "réel" : la seule façon d'entendre vraiment quelque chose qui "ressemble" à une harmonique est d'écouter un signal purement sinusoïdal : qui ne contient qu'une seule harmonique : lui même (tests auditifs par exemple). Par exemple, on démontre que la déformation du signal introduite par la distorsion de croisement des amplis classe A/B peut se modéliser comme un ajout d'harmoniques de rand impair : mais l'ampli n'ajoute pas réellement des sinusoïdes dont la fréquence est un multiple impair du signal d'origine : il "déforme" le signal : et on mesure mathématiquement cette déformation en spécifiant l'amplitude de ces sinusoïdes théoriques : les harmoniques.

Pour se convaincre définitivement que les harmoniques sont une notion purement mathématique : il suffit de considérer un signal ""carré"" (pas très agréable à l’écoute) de 1 Hertz échantillonné à 100% sur "1" bit (c'est possible, vu qu'il est carré) : ce signal contient des harmoniques de plusieurs dizaines de kilo-Hertz!!! et pourtant : il est échantillonné sur 1 bit, et sa fréquence est de 1 Hertz !!!

Dans mes cours d'harmonie je parle souvent d'harmoniques : c'est très pratique pour faire comprendre la notion de dissonance, mais notre oreille entend les ondes elles mêmes, pas des "harmoniques" en tant que telles, car bien évidemment elles n'existent pas autre part que dans l'esprit des électroniciens ...

dimanche 20 mai 2018

3 pièges à gogos dans lesquels il ne faut pas tomber


Voici 3 pièges à gogos dans lesquels il ne faut pas tomber, si du bon coté de la force vous souhaitez rester :

1) Des appareils qui gèrent la "mise en phase secteur" il faut se méfier !
Les idiophiles sont tellement bien convaincus que la phase a de l'importance, qu'ils sont prêts à payer plus cher si l’équipement dispose d'une fonction associée ;) Pour un fabricant d'ampli : c'est une aubaine : l'électronique associée à la gestion de la phase ne coûte presque rien et c'est valorisé en centaines d'euros de plus-value !

2) Des fabricants qui parlent de "rodage" sur leur site web il faut se méfier !
La notion de rodage existait pour les amplificateurs à tubes, et pour les très vieux HP dont les matériaux de suspension avaient une élasticité imparfaite. Aujourd'hui c'est parfois juste un bon moyen pour le fabricant de sortir des produits merdiques en disant : c'est pas grave si ça sonne comme un chiotte au début : vous verrez après le rodage : ça devient "super"

3) Des amplis qui n'ont pas d'EQ il faut se méfier !
Ils ont été conçus spécialement pour les idiophiles, à qui on a fait gober un truc incroyable : qu'un EQ perturbe la fidélité de reproduction. En fait c'est purement du marketing : priver l'ampli de section EQ est un bon moyen pour que l'acheteur soit obligé de changer d'ampli dés que son local ou ses enceintes ont la moindre faiblesse dans tel ou tel registre. De plus ça coûte moins cher en fabrication, et, comble de l'ignominie marketing : cette économie sur les coûts de fabrication se valorise en centaines d'euros dans le prix de vente car l'ampli à 1 bouton : "ça fait audiophile" !

De l'alimentation secteur dans le domaine audio

Le sujet de l'alimentation secteur dans le domaine audio, m'a toujours fait rigoler... si on excepte la problématique de boucle de masse par la terre, qui bien évidemment doit être traitée pour éviter les ronflettes ....

En effet les amplis fonctionnent avec une tension continue "pure" produite par leur alimentation : il ne subsiste absolument "rien" du courant alternatif secteur ayant servi de matière première à la fabrication du courant continu. Donc la phase secteur ne peut pas entrer en ligne de compte c'est juste "hors sujet" (j'ai pris l'exemple de l'ampli, mais on pourrait avoir le même raisonnement pour une platine CD).

De fait : la phase secteur, et plus généralement tous les parasites éventuellement présents dans le courant alternatif à l'entrée de l'alimentation d'un équipement audio : n'ont aucune chance d'avoir la moindre influence sur la sonorité.
 
L'une des propriété de l'alimentation est d'éradiquer 100% des signaux alternatifs, et en particulier les hautes fréquences : il ne reste absolument aucune trace d'une quelconque perturbation secteur dans le courant continu utilisé par l'ampli. Pour caricaturer : il faudrait une explosion thermonucléaire à moins de 50km et perturbant suffisamment le secteur pour que cela entraîne un variation de la tension continue produite par l'alim...

La problématique de phase secteur, de qualité des cordons d'alimentation, de nettoyage du courant secteur : sont des légendes idiophiles bien ancrées , et alimentées par l'industrie des câbles et autres boîtiers magiques pour le marché idiophile !! :)

Il n'y a rien de plus subjectif que l'oreille humaine : et elle nous joue des tours : comme trouver une amélioration suite à l'achat d'un nouvel appareil totalement inutile, mais qui nous a coûté cher, ou pour récompenser une bidouille de câble secteur qui a demandé du travail



samedi 28 avril 2018

Le Manta de chez Esprit

Le bidule !


MANTA V6 est un système d'optimisation qui utilise le phénomène de polarisation électrique pour améliorer les performances de restitution des systèmes audio.
Il intègre un nouveau composant électronique le "RendistoR". Dix années de recherche et développement ont été nécessaires à la réalisation du RendistoR. La miniaturisation à nécessité un gros travail pour rendre le système utilisable dans n'importe quel environnement. Le modèle d'origine était quatre fois plus gros...
Afin de le rendre universel, MANTA V6 a été développé dans différentes installations électriques et une trentaine de marques électroniques (sources, amplificateurs, enceintes...) ont été utilisées. Sa mise en œuvre est extrêmement simple : il suffit de placer MANTA V6 au pied de son système ou au milieu des appareils et de le relier au secteur. La polarisation se fait par voie aérienne.
À l'écoute le système HiFi est plus doux, plus dynamique, plus détaillé, l'image sonore est plus stable et plus naturelle. Les harmoniques sont plus riches, l'écoute plus silencieuse (rapport signal/bruit amélioré), l'intelligibilité de l'ensemble augmente.

Au banc d'essai :





Je n'arrive même pas à imaginer à quel niveau d'ébriété il faut arriver pour tenir au mieux 1 minute sans que ce truc déclenche l'hilarité !!

lundi 26 février 2018

FDA versus Classe D


C'est une question récurrente sur les forums de Hifi : les amplis classe D sont-ils des FDA ? Réponse : NON. 
... Mais ... Les FDA sont-ils des amplis classe D ? Réponse : OUI... essayons d'y voir plus clair :)

Classe D c'est un étage de puissance qui fonctionne en modulation d'impulsions (on appelle ça du numérique "1 bit"). Il existe principalement deux types de fonctionnements classe D :
  • PWM - Pulse Width Modulation
  • PDM - Pulse Density Modulation

La particularité des formats "1 bit" (PWM/PDM) est de se contenter d'un simple filtrage par self de puissance pour alimenter des haut-parleurs : c'est un format de signal "analogique".


Dans un ampli appelé "classe D", c'est à dire "NON FDA" : quand le signal d'entrée est numérique : ce signal d'entrée est converti en analogique par un DAC et envoyé à l'étage de puissance classe D (PWM en général) : c'est ce qu'on appelle classiquement "ampli classe D" : après le DAC, tout se passe en analogique. Si le signal d'entrée est analogique, il est envoyé presque directement à l'étage de puissance classe D. Avant l'étage classe D il y a de l'analogique pour le piloter, après l'étage classe D + SELF il y a un signal de puissance analogique envoyé aux HP : c'est 100% analogique (bien que fonctionnant en modulation d'impulsions). De nombreux constructeurs trichent : il nomment leur produit classe D "ampli numérique" alors qu'il s'agit d'un ampli intégrant un DAC à l'entrée.

Dans un FDA le signal d'entrée numérique PCM est directement "transcodé" en PWM/PDM pour piloter l'étage de sortie. Dans le cas d'une source DSD : c'est encore plus direct car le format numérique DSD est déjà un codage PDM, donc même pas de transcodage. 
Bien entendu : si le signal d'entrée est analogique, dans un FDA il est d'abord converti en PWM/PDM par un ADC avant d'attaquer l'étage de puissance. Le signal envoyé aux enceintes est du "1 bit" (PWM/PDM) qui est simplement filtré par des selfs : fonctionnement classe D standard.

Voici une illustration du principe général de fonctionnement :


Légende de couleur : 
  • BLEU : analogique
  • ROUGE : numérique
  • ROSE : analogique-numérique
PWM - le signal "1 bit" (rose) est à la foi analogique et numérique, ou, dit autrement : c'est un signal analogique qu'on peut calculer (j'aurais pu le représenter en bleu). 
On peut le fabriquer soit à partir d'un signal analogique (le rôle du driver classe D) , soit le "calculer" (on dit "transcoder") à partir du PCM via un DSP (dans le FDA).

Pour résumer : les FDA ont un étage de puissance classe D : ce qui les différencie c'est la façon dont cet étage de puissance est drivé. En effet l'étage classe D (PDM ou PWM) a la particularité de pouvoir être drivé en analogique (modulation d'amplitude classique), ou directement en PWM/PDM.

Il n'y a pas de supérorité d'un circuit sur l'autre : il existe d'excellents amplificateurs classe D, dont la linéarité n'a rien à envier à un FDA.

dimanche 14 janvier 2018

Test Alientek D8 : I'm shocked !

 


J'étais un adepte de l'ampli analogique, fidèle au grand principe audiophile : 

source fidèle + amplification/enceintes chaudes = fidélité + musicalité

(abstract : par exemple : selon ce principe : plus on progresse dans la chaîne de restitution, et plus on peut se permettre de privilégier la chaleur au détriment du rapport signal/bruit. Une source 60dB avec un ampli 100dB n'a aucun sens - les 100dB de l'ampli servent à restituer le bruit des 60dB de la source ! Par contre une source numérique 100dB avec un bon ampli high-end vintage plafonnant à 80dB SNR est une combinaison qui peut se révéler intéressante, mariant chaleur et précision.)

Ceci dit, peu à peu, au fil des écoutes réalisées à droite à gauche d'amplis classe D... en particulier les excellents IcePower de Bang et Olufsen... je me suis dit qu'il se pourrait bien que je passe à coté de quelque chose d’intéressant... d'autant que dans le monde de l'amplification guitare : les ampli Classe D ont commencé à supplanter les classe A/B quand il s'agit de s'approcher de la chaleur d'un ampli à tubes... 

D'un coté je lisais partout que les FDA sont d'une précision chirurgicale, mon pote Maxime, Admin d'un forum de Hifi  me disait : "essaye ! tu verra ça marche vraiment bien !" (il utilise exclusivement un FDA Marantz) et d'un autre coté je gardais toujours de mes écoutes un souvenir de musicalité et de douceur. Je constatais aussi la réputée précision, bien entendu, mais bien plus une certaine finesse et justesse des registres (ampli Elipson Music Center, par exemple ou SMSL A6). Donc j'ai commencé à me chercher un FDA de bonne gamme, pour tester sur mes enceintes.

Mes critères : puissance de l'ordre de 50W RMS sous 8Ohms avec un taux de distorsion négligeable et un rapport signal/bruit élevé, équivalents à ceux d'un amplificateur classe A/B high-end (Ma référence : un intégré haut de gamme ROTEL). Pour trier les divers modèles disponibles sur le marché : SMSL, FX-AUDIO, NAD, etc... j'ai utilisé l'astuce suivante : recherche Google avec comme critères "amp FDA Burr Brown" : car en effet les circuits intégrés Burr Brown sont le nec plus ultra dans le domaine des DAC audiophiles et autres circuits de traitement numérique / analogique. Mes recherches m'ont amené à m’intéresser au Alientek D8 et à constater qu'il est plébiscité par les bancs d'essai (qobuz.com). 

Je paraphrase la description de audiophonics.fr : l'Alientek D8 est un FDA (Full Digital Amp) de 2x80W RMS sous 4 Ohms, basé sur un circuit ST Microelectronics STA326 DDX, qui, on va le voir, dispose de bonnes caractéristiques audio. 

Le taux de distorsion harmonique oscille entre 0.02% et 0.05%, il est maintenu à ce niveau négligeable sur quasiment toute la plage de puissance. Le rapport signal/bruit est donné pour 100dB, la séparation stereo de l'ordre de 80dB : largement au niveau "high end audiophile prout-prout snob-audio".


C'est aussi un ampli analogique Classe D si on utilise l'entrée analogique RCA, et un ampli casque High End si on utilise la sortie casque mettant en œuvre un DAC Burr Brown PCM5122. Un ampli relativement complet pilotable via télécommande.
Coté entrées full digital (FDA) il dispose de trois entrées (USB, S/PDIF coaxiale et optique Toslink), l'entrée S/PDIF s'appuyant sur un WM8805 avec un jitter de 50ps, une interface USB XMOS sur carte séparée.



La qualité des composants est de haut niveau, sortie d'amplification soignée disposant de condensateurs à film, de selfs blindées Miden 8A, filtre analogique 12dB. Les condensateurs d'entrées analogiques sont des ELNA de qualité audiophile. L'amplification casque est assurée par un MAX9722 en jack 6.35mm capable de "driver" des casques à forte impédance.

L'écran OLED est lisible et lumineux, il affiche en temps réel la source utilisée ainsi que le taux d'échantillonnage du fichier audio en cours de lecture. Le D8 est également équipé d'un égaliseur numérique possédant de nombreuses fonctions (réglage des basses, aigus, mute etc...) réglables directement depuis la télécommande.
Reçu le D8, je suis d'abord surpris par sa taille : connaître les dimensions c'est une chose, mais constater sa petite taille de visu ça fait un choc... ça fait même douter... branchement USB dans un premier temps, je plug les fiches bananes des enceintes : ça marche bien, direct. Je sélectionne le mode EQ "flat", et je pousse un peu le volume sur un morceau de Submotion Orchestra : la claque !




Passé la première écoute positive sur entrée USB, je passe sur une configuration plus pérenne en fibre optique sur l'entrée TosLink. Mes sources sont FLAC exclusivement (je post les liens Youtube juste pour agrémenter la lecture de cet article).

Je vais probablement le garder comme ampli principal. Je n'arrive pas à lui trouver de point faible : tout passe, les basses sont aussi bonnes que sur mon Rotel, c'est pas meilleur à ce niveau, mais pas moins bon non plus c'est juste "équivalent", ce qui confirme l'avis des bancs d'essai disant que les basses sont fermes et charpentées (le ROTEL met la barre très haut sur ce point!). 

Les voix sont superbes.


En termes de détails et de respect des timbres : je n'ai jamais entendu aussi bien, hormis en auditorium sur des systèmes à + de 10000€. Niveau mediums c'est un poil plus chaud et détaillé que le ROTEL, il a un petit coté Marantz dans ce registre. 
 

Aucune pointe d'agressivité! Pas fatigant à l'écoute. Mes Elipson PLanet L y sont sûrement pour quelque chose : elles sont assez douces et généreuses en basses avec des aigus fins rappelant un peu B&W.

Sur des enregistrements exigeants de violoncelle il excelle.



Comparé à un petit NAIM qu'on m'a passé, et que je trouvais un poil en dessous du ROTEL à mon goût : l'Alientek est plus détaillé / précis, avec de meilleures basses. 

 

Le programme EQ "FLAT" est mon préféré. D'autres programmes sont interessants, mais de façon ponctuelle : le programme "ROCK" permet de renforcer les basses et les aigus, c'est plus creusé et convient vraiment bien aux albums 70's Led Zep, Genesis, etc... qui manquent un eu de relief. Ci-dessous la courbe de réponse du mode "FLAT" du ST Microelectronics STA326 DDX :



Pas moyen de le faire saturer même à fond. Certes à volume très élevé (trop pour mes oreilles) : un poil de distorsion se fait sentir sur les mediums, mais il s'agit d'une distorsion tout à fait acceptable car pas du tout agressive, un peu comme un NAD en soft-cliping : plutôt une légère perte de précision, et de toute façon le niveau sonore dont il est question n'est pas supportable à moins de souhaiter se flinguer les tympans.



Pour moi ce petit ampli rivalise sans problème avec des amplis coutant 20x plus cher, et il est probablement meilleur que certains d'entre eux en termes de précision.

Le "cricket infernal" de la Hifi, en quelque sorte :


Conclusion : précision chirurgicale, très droit, et chaud (bonnes basses) : tout ce que je peux espérer d'un ampli quel que soit son prix ! Et pour moins de 200€, du moins aussi longtemps qu'Alientek sera une marque un peu confidentielle... quand ils auront la notoriété, je ne suis pas certain qu'ils restent à ce niveau de prix !


Le paradigme à changé ! L'excellence d'il y à 20 ans est la normes d'aujourd'hui : un système assez exceptionnel dans les années 80 pour devenir une référence, peut parfaitement être surpassé par un système de gamme standard en 2018, compte tenu des progrès techniques réalisés.

jeudi 2 novembre 2017

De la nécessité d'une section EQ sur un amplificateur audiophile, et qu'il est dommage de s'en passer...

Il était une fois, dans une galaxie lointaine, très lointaine, il y a très longtemps, les amateurs de Hifi étaient libres : leur ampli de prédilection disposait d'un "equaliser" leur donnant la liberté d'ajuster la puissance envoyée aux enceintes en fonction du rendement de celles-ci sur telle ou telle fréquence, de rajouter un peu d'aigus dans un local trop mat, d'accorder leur ampli avec des biblios un peu limitées dans le grave... du coup quand le hifiiste changeait d'enceintes : il pouvait régler son ampli de façon à l'adapter aux nouvelles caractéristiques tonales des nouvelles enceintes : super pour les clients, qui pouvaient conserver leur ampli préféré, mais pas pour les vendeurs... Puis sont arrivés les amplis dit "audiophiles" dotés d'un seul et unique bouton de volume, et dans le même temps, un concept nouveau, que dis-je : une doctrine : "l'ampli doit se marier avec les enceintes ! les EQ ça dénature l'enregistrement !" (hein??) : c'est tellement plus classe un ampli à un seul bouton, ça fait "audiophile" ! Du coup : quand les "audiophiles" ont le malheur de posséder un ampli un peu sec et des enceintes "pointues", on leur conseille d'acheter un nouvel ampli plus "doux"... les enceintes sont un peu trop douces : acheter un ampli plus sec, etc... Que c'est pratique ...


Contrairement aux systèmes Home Cinéma 5:1, 7:1, X:1, à "X " transducteurs... conçus pour "produire" les effets spéciaux et bruitages du cinéma avec brio, quitte à modifier considérablement la spatialisation ainsi que le spectre de l'enregistrement via moult traitements DSP (Dolby, etc...) : dans le domaine de la Haute Fidélité on va chercher à réduire le nombre de transducteurs au minimum, à savoir 2, ce qui évite les intermodulations et autres déphasages acoustiques intempestifs. On laisse ainsi le soin aux ingénieurs du fabriquant d'enceintes de gérer le couplage électrique et acoustique des HP de l'enceinte : c'est leur boulot (voir tweeters décoffrés, boomers avancés de quelques cm, etc...).
Il faut donc tirer le meilleur parti de 2 enceintes, et c'est là que les réglages BASS/TREBLE de l'ampli deviennent utiles : ils ne doivent pas servir à compenser la qualité d'enregistrement d'une source déficiente (si un enregistrement est mauvais : poubelle) : ils servent à "accorder l'ampli et les enceintes" : c'est un réglage permanent une fois qu'on a trouvé le bon.
Par exemple, une "bonne" paire de biblio bass-reflex aura une courbe qui commence à perdre -3dB à -6dB en pente douce en dessous de 100Hz. Que la sensibilité baisse en dessous de 100Hz signifie juste qu'il faut envoyer un peu plus de puissance en dessous de 100Hz pour exploiter correctement le potentiel musical de l'enceinte. Le bouton BASS de l'ampli (dont la fréquence d'action commence à 100Hz) doit donc être réglé entre +3dB et +6dB en fonction de la courbe de l'enceinte afin de redresser légèrement la courbe dans cette zone : on envoie un peu plus de Watts à cet endroit.
De même : certaines enceintes, quelle que soit la gamme, ont parfois des tweeters un peu montants : elles sont "trop bonnes" dans l'aigu", donc elles ont tendance à être fatigantes à l'écoute : leur sensibilité dans l'aigu est de quelques dB trop élevée autour de 8~10KHz. Régler le bouton TREBLE de l'ampli de façon permanente entre -3dB et -6dB permet d'accorder l'ampli aux enceintes "un poil montantes" sans compromettre le "piqué" des aigus. Évidement ces réglages ne sont pas les seuls, si on pouvait couramment ajuster le Damping Factor des amplis, cela procurerait un autre moyen d'action pour adoucir (DF<100) ou durcir (DF>100) le comportement de l'ampli en fonction du "caractère" des enceintes ...