samedi 10 juin 2023

Qu'est-ce-que la DYNAMIQUE ?

Qu'est-ce-que la DYNAMIQUE ??????

Assez souvent j'ai constaté que la plupart des mélomanes et amateurs de Hifi, voir quelques professionnels de l'audio : ont une conception approximative, quand elle n'est pas fausse de la dynamique.

Je vous propose donc d'expliquer tout ça sans trop de maths et avec le moins de technique possible.

Introduction aux mesures de dynamique : les décibels

Les différences de niveaux de signal, ou de son, sont mesurées en décibels (dB). Ainsi, une mesure de 6 dB signifie qu'un signal ou un son est 6 décibels plus fort qu'un autre, ou qu'un signal ou un son a été rendu 6 décibels plus fort qu'il ne l'était auparavant.

Les décibels ne décrivent pas un niveau sonore (ou signal) absolu, mais uniquement une différence ou un changement de niveau.

0 dB signifie donc aucune différence de niveau, ou aucun changement de niveau.

Ainsi, par exemple : dire qu'un orchestre produit 100dB à une distance de 20 mètres n'est pas correct. Ces "100dB" signifient en fait que le son est 100 dB plus fort que le son le plus silencieux que l'oreille humaine moyenne puisse entendre dans la salle de concert.

Le niveau de l'orchestre est de 100 dB "SPL" (pour Sound Pressure Level - niveau de pression acoustique), en considérant 0 dB SPL comme niveau de référence. Par exemple 0dB serait le bruit de respiration produit par l'ensemble des personnes de la salle de concert : on peut l'entendre, mais tout ce qui est plus silencieux est imperceptible.

Pour la majorité des oreilles : +9dB correspondent à un doublement du volume SPL, et pour information, considérant que +3dB requiert 2 fois plus de puissance ampli : on doit multiplier par 8 la puissance "ampli" pour doubler le volume (mais j'en ai déjà parlé dans un autre article).

Ceci dit, sur les Vu-Mètres, et dans les logiciels d'analyse audio on voit souvent les dB notés en négatif, avec un maximum à 0dB. Ce sont des dB "FS".

0 dB "FS" (Full Scale) est le niveau de signal le plus élevé pouvant être atteint dans un fichier audio numérique. Des niveaux plus élevés sont "virtuellement" possibles dans le logiciel audio numérique, mais pour les fichiers enregistrés sur disque : 0 dBFS est le niveau le plus élevé.

Tous les autres niveaux peuvent être mesurés et décrits par rapport à 0 dBFS. Ainsi, par exemple, un signal inférieur de 6 décibels au niveau maximal possible est de -6 dBFS. Un signal à l'intérieur du logiciel audio numérique peut être "virtuellement" à +6 dBFS, mais il sera forcément abaissé pour une sortie sous forme de fichier FLAC, sinon il serait écrêté lors de la reproduction (hard limitting), ce qui signifie que les pointes de la forme d'onde seraient décapitées à 0 dBFS.

Nota Bene : le "hard limiting" c'est ce que font les mauvais techniciens de studio au mastering pour "bourrer" du volume dans un fichier audio.

"Les" dynamiques

Entrons maintenant dans le vif du sujet. Il existe deux significations de la "dynamique audio", une notion liée, et une notion apparentée et souvent confondue mais qui n'a rien à voir : ça fait 4 notions à expliquer.

Les 2 notions de dynamique :
  1. La dynamique "Full Scale"
  2. La plage dynamique
La notion liée :
  • Le head-room
La notion apparentée :
  • La dynamique subjective

La dynamique "full scale" ou rapport signal/bruit : SNR 

Dans notre illustration la dynamique full scale du morceau est représentée par la flèche ROUGE.
 
La dynamique "full scale" correspond à la définition principale de la notion de dynamique : c'est la différence en dB entre le niveau de bruit et le plus haut signal de l'enregistrement. Un enregistrement 16 bits, peut théoriquement contenir 92dB de dynamique maximum, et 96dB à 102dB en pratique après traitement numérique (diphering, oversampling).

Sans rentrer trop dans les détails, et sans mathématiques : tout enregistrement numérique contient un bruit dit "bruit de quantisation" qui résulte des approximations de la numérisation du signal (voir illustration ci-dessous). Ce bruit numérique résultant de la marge d'erreur d'échantillonage numérique a une amplitude inférieure à 1bit. Sans rentrer dans les détails : cela induit au maximum 2 puissance 16 niveaux de dynamique au delà du bruit : soit théoriquement 92 dB. 
 

 
 
On dispose d'une technique de réduction de ce bruit numérique : le "diphering" est une technique de transcodage numérique, reposant sur l'injection d'un bruit aléatoire et un sur-échantillonnage, qui permet de rendre ce bruit numérique de quantisation totalement inaudible. Et pas juste un peu "moins audible" : en fait le résultat est à des années lumière en dessous de notre limite de perception : tellement négligeable qu'à l'écoute : on peut considérer qu'il n’existe pas !! . La technique de sur-échantillonage permet de surcroît de diviser ce bruit par 2^6 ou plus et d'aboutir à environ 102dB de "capacité dynamique full scale", ou SNR, pour le format 16 bits du CD.

La dynamique "full scale" d'un enregistrement 16 bits "normalisé" dont les crêtes de signal frôlent le 0dBFS : est d'environ 102dB selon les décodeurs. La qualité CD disponible depuis 1984.
 
Le bruit numérique du CD est à -102dB, le rapport signal/bruit est donc de 102dB. Soit en amplitude de signal : un bruit numérique 0.000000006 fois plus faible, ou encore : SNR =  102dB = 0.0000006%. 
 
A l'écoute on peut considérer le bruit numérique comme absolument inexistant en qualité CD (16 bits) : tout souffle dans la reproduction ne vient pas du support mais de l'enregistrement initial, ou d'un équipement analogique qui s'est glissé comme un gros parasite dans la chaîne de reproduction.
 
Si les crêtes de signa ne frôlent pas le 0dBFS, ça signifie que le volume de l'enregistrement est plus faible que ce qu'il le pourrait, on dit que l'enregistrement n'est pas "normalisé" : il comporte un "headroom" (flèche VERTE).
 
 


Le headroom

Le headroom ne sert à rien !!! hormis baisser le volume d'un morceau par rapport à d'autres morceaux du même album.

Nota bene : en studio, sur des traitement analogiques, avec des équipements qui ne peuvent pas travailler au dessus de 0dBFS, c'est différent : on doit conserver du headroom, c'est l'une des raisons d’utiliser du 24 bits en studio : on a plus de place pour le headroom dans le cas ou un post-traitement serait réalisé en analogique. Sauf différences de volume d'un morceau à l'autre, le headroom doit toujours être supprimé au mastering. 
 
Petite anecdote : un tech de studio qui se faisait appeler "ingénieur", m'a un jour demandé de réduire l’amplitude du signal issu de l’enregistrement pour "garder du headroom de traitement DSP" : c'est inepte ! on n'a pas besoin de headroom en traitement numérique car les plugins DSP peuvent fonctionner au delà de 0dBFS sans absolument aucune distorsion... bref... on voit de tout dans les studios...

Revenons à notre SNR, ou dynamique "Full Scale" : la dynamique Full Scale n'est pas suffisante pour juger de la qualité "dynamique" d'un enregistrement car presque tous les enregistrements "normalisés" ont la même dynamique Full Scale : environ 100dB. Il nous faut donc aborder la notion de "plage dynamique".

La plage dynamique

Le plage dynamique est l'écart en décibels entre les crêtes de signal les plus hautes et les sons enregistrés les plus faibles (contrairement à la dynamique full scale ci-dessus qui prend comme référence le bruit à ~ -100dBFS, et non pas les sons faibles de l'enregistrement).

Pour calculer la plage dynamique on se doit de raisonner de façon statistique car un morceau peut contenir de nombreux passages faibles et de nombreuses pointes de signal.
Ainsi le calcul de la plage dynamique d'un enregistrement correspond à la différence entre la section non silencieuse la plus forte et la section non silencieuse la plus faible, après élimination de 10% des échantillons les plus forts et les plus faibles.

La plage dynamique, représentée par la flèche bleue dans notre illustration, caractérise l'amplitude dynamique d'un morceau.

La compression, utilisée en studio principalement en phase mastering, permet de réduire la plage dynamique pour que les passages faibles s'entendent mieux. 
 
Si on applique de la compression : l'écoute en environnement très bruyant est plus intéressante (voiture par exemple). Par contre on perd beaucoup de dynamique ce qui rend l'enregistrement beaucoup moins subtil en Hifi. Une autre méthode consiste, comme évoqué plus haut, à booster globalement le volume, faisant passer les crêtes de signal au dessus de 0dBFS, et d'appliquer un limiter pour couper ce qui dépasse 0dBFS.

La course au volume, depuis les années 1990's (loudness war) conduit les techniciens de mastering à utiliser à la fois la compression et le limiter : certains enregistrements sont particulièrement catastrophiques à ce niveau (la discographie des Red Hot Chili Peppers, par exemple).

Notons au passage que l'encodage MP3 (ou AAC, VORBIS, etc...) comprime les données (fichiers plus petits) mais ne touche pas du tout à la "dynamique" : la dynamique d'un MP3 est strictement la même que celle du FLAC dont il est issu.

Comment expliquer alors que certains perçoivent une perte de dynamique sur les enregistrements MP3 ?
 
Il s'agit de la dynamique subjective ! :/

La dynamique subjective

La dynamique subjective est une sensation provoquée par la rapidité des variations de volume de l'enregistrement. Les transitions de niveau sonore peuvent en effet être amorties par différents facteurs : les HP, la rapidité de l'ampli, le pré-écho d'un traitement numérique.

Le MP3 à faible bitrate (128kbps par exemple) génère du pré-écho ce qui affecte les parties transitoires des signaux, ce qui entraîne et une perte de caractère de l'attaque. Les sons percussifs sont donc ressentis comme "amortis". Le MP3 haut bitrate (320) n'a quasiment aucun artefact de ce type, et d'autres formats d'encodage plus récent n'ont pas de pré-écho y compris à faible bitrate (OPUS 64).

Parfois l'enregistrement comporte nativement du pré-écho causé par certains traitements studio et il sera perçu subjectivement comme "ayant une mauvaise dynamique" (alors que sa plage dynamique est correcte).

Aussi, certains amplificateurs ne sont pas assez "rapides" pour reproduire les transitoires, aboutissant à un effet d'amortissement des attaques de notes, principalement sur les percussions, ce qui induit une perception de manque de dynamique comparable.

A fort volume il se peut aussi que la capacité de courant de l'ampli atteigne ses limites se qui provoque un effondrement de la puissance sur les attaques.

On a dit plus haut qu'il faut 8x plus de puissance ampli pour doubler le volume acoustique perçu. Un ampli de 100 Watts est donc juste marginalement plus puissant qu'un ampli de 50 Watts en termes de capacité de volume : le gain est d'environ 1,2x en termes de volume acoustique obtenu.

La capacité de courant est quand à elle beaucoup plus importante que la puissance continue : ainsi un ampli de 30 Watts avec une très grosse alim pourra en pratique être beaucoup plus "pêchu" et "dynamique" avec une capacité de drive plus grande, qu'un ampli de 100 ou 200 Watts doté d'une alim standard... à méditer ;)
 
 

jeudi 18 mai 2023

Test du récepteur Wiim Mini par un audiophile


 


En test en ce moment : le récepteur Wiim Mini. Plutôt convainquant : drivé en DLNA par l'application Symfonium pour jouer le FLAC de mon serveur Navidrome, et raccordé directement en optique à mon ampli Full Digital (Technics SUC700). Configuré pour sortir en PCM 24 bits 192KHz (une telle fréquence de sur-échantillonnage ne sert pas à grand chose, mais qui peut le plus, peut le moins... et ça fait toujours gagner un peu de dynamique (SNR) par anti-aliasing :/ ). 
 
Vraiment fiable pour ce que j'ai pu constaté : la configuration la plus simple que j'ai jamais rencontrée sur ce type de récepteur (2 minutes de setup : leur interface fonctionne !!! elle est fiable, et aucune prise de tête à la configuration Wifi contrairement à la presque totalité des constructeurs de matériel audio !!!). 
 
L'interface de l'application est très mature, rapide, ergonomique et extrêmement complète. On a même droit à un vrai EQ numérique, ce qui est appréciable car mon ampli est un pur FDA à tendance "audiophile", donc sans contrôle de tonalité comme assez souvent sur ce genre d'amplis... Ceci dit je ne me sert pas de l'EQ dans ma pièce d'écoute, elle n'en a pas besoin.




 
Bon ! ... niveau "sonorité" : il n'y a pas grand chose à dire, c'est "bit perfect" full digital "lossless" comme on dit, donc pas de codec, pas de DAC, et le DSP du Wiim est désactivé : full numérique de bout en bout. 
 
Même si l'interface optique de sortie du Wiim avait un peu de jitter : mon ampli est conçu pour corriger ce défaut donc j'ai une transmission numérique absolument parfaite.
 
Clairement : aucun moyen de critiquer quoi que ce soit concernant une transmission numérique lossless, ça serait hors sujet. Il existe des centaines de trucs qui font du transport bit perfect sur le marché et ils sont tous parfaitement équivalents (puisque parfaits). En bref : niveau qualité audio c'est ni plus ni moins identique à tous les streamers bit perfect coûtant entre 1X et 50X plus cher. 
 
C'est un appareil absolument excellent que je vais probablement adopter compte tenu qu'à mon avis il n'existe aucun concurrent offrant autant de simplicité et de polyvalence (ça fait tout : services de streaming en mode Cast Deezer Qobuz Amazon Music Pandora Napster Apple Music Spotify Connect Tidal Connect, DLNA, Bluetooth, etc............). 
 
J'essaye dans la mesure du possible de ne pas tomber dans le panneau de l'effet placebo "new is better", également appelé "biais de confirmation", mais j'aime beaucoup ce que j'écoute sur ce nouveau récepteur : je sens une certaines "relaxation" par rapport à mon récepteur LDAC, et ça me semble sonner plus "naturel"... Pour ceux qui ont un ampli analogique : le Wiim a aussi une sortie DAC drivée par un chip Burr Brown de très bonne qualité disposant d'un étage analogique très "musical".  
 
Voici la review qui m'a décidé à tester : http://www.audiophile.no
 
Update après 3 semaines d'utilisation : c'est devenu mon récepteur principal. Je vais probablement en acheter un deuxième. 
 
J'avais identifié un bug de prise en charge du Gapless en UPNP, je l'ai signalé sur le forum de support du constructeur : ils ont corrigé le problème 1 semaine plus tard lors d'une mise à jour firmware. Donc je confirme que c'est l'un des constructeurs les plus sérieux et actifs actuellement en Hifi. 
 
Le nombre de fonctionnalités intégrées est déjà exceptionnel, et ils améliorent constamment la qualité et les fonctionnalités : ce bidule fait presque tout sauf la fonction "pompe à bière" !! Clairement je pense que c'est l'un des meilleurs récepteurs bit perfect du marché à n'importe quel prix... et c'est gros comme une Chromecast Audio ! 
 
Chez moi vous ne verrez pas le Wiim Mini : il est posé au sol derrière le meuble de l'ampli (dans un petit sac plastique pour éviter la poussière).



 
Garder à l'esprit que les récepteurs qui implémentent correctement la lecture Gapless en UPNP sont extrêmement rares sur le marché !! avis aux amateurs de musique classique et de rock progressif ;)

samedi 14 janvier 2023

La vérité sur le haut rendement Klipsch

J'aime beaucoup les enceintes Klipsch. En dépit de leur réputation "Home Cinéma" j'ai toujours beaucoup apprécié les écoutes réalisées sur différents modèles de la gamme "Reference" ou de la gamme "Heritage". Les versions actuelles combinent finesse et punch avec une scène stéréo tout à fait satisfaisante et une bonne tolérance de placement... des super enceintes ces Klipsch !

Mais quand on parle de Klipsch, un sujet qui revient souvent est la sensibilité : la marque s'est fait une spécialité d'afficher des sensibilités très élevées qu'on ne rencontre habituellement ..... que sur du HP pro de 15 pouces en baffle ouvert..... ce qui m'intrigue énormément 😕. 

Ma perplexité est d'autant plus grande que je n'ai jamais constaté qu'on poussait moins l'ampli lors de mes écoutes sur des Klipsch annoncées à 96dB. D'autre part : je n'ai jamais entendu parler de la technologie secrète unique qui serait utilisée par Klipsch pour produire ces enceintes "Hifi" bass-reflex dotées d'un rendement de "HP 15 pouces d'ampli guitare" : si cette technologie existait : alors tous les autres constructeurs seraient soit des masochistes amateurs de suicide industriel, soit des geeks complètement stupides, soit d'incurables incompétents, ... et ... on parle de "tous !!" : Tous les autres constructeurs ... 

Ca ferait de Klipsch une sorte de Chuck Norris de l'enceinte... je n'y crois pas, donc j'ai cherché.

Abstract : on mesure la sensibilité à 1000Hz, avec 1 Watt (2.83V) de puissance, micro à 1m dans l'axe.

Dans le banc d'essai de Hifi News de novembre 2018, le laboratoire KH a mesuré les colonnes flagship KLIPSCH RF7 MkIII à 92,8dB.

"Klipsch claims an exceptional 100dB SPL sensitivity for its RF-7 III but our measured 92.8dB on pink noise suggests that figure might as well be plucked from the air. The RF-7 III is a sensitive loudspeaker, just nowhere near as sensitive as its manufacturer suggests"

 


Dans le banc d'essai Stereophile de Mars 2019 les biblio KLIPSCH RP-600M ont été mesurées à 89dB.

"The Klipsch's specified sensitivity is an extraordinarily high 96dB/2.83V/m. My estimate was much lower, at 89.6dB(B)/2.83V/m.

Dans le banc d'essai AudioScienceReview de Mars 2020 les biblio KLIPSCH RP-600M ont été mesurées à 87dB.

 


Je suis donc désormais convaincu que la sensibilité annoncée par Klipsch est un pur bullshit marketing. 

A titre de comparaison : mes Triangle Genese sont annoncées 90dB et furent mesurées 91dB lors de leur banc d'essai dans Stereo&Image en 2015 (c'est l'inverse : les mesures dépassent les valeurs datasheet) ce qui en fait des enceintes plus haut rendement que les Klipsch RP600, et presque aussi sensibles que les énormes colonnes RF7... à méditer...

vendredi 30 décembre 2022

Hifi versus Sono !


Petit article à propos du débat qui oppose régulièrement les amateurs de Hifi et les professionnels de la sonorisation concert & studio.
 
Les pro de la sono se moquent souvent des amateurs de Hifi quand ceux-ci évoquent les différences de sonorité de tel ou tel ampli ! Pour un pro de la sono : tous les amplis modernes sont parfaitement neutres et il sont juste plus ou moins puissants en dessous d'un certain seuil de distorsion : point barre ! (c'est l'approche Audio Science review (ASR) ).
 
En effet : tous les amplis audio "Pro" ou "Hifi" ont une réponse en fréquence totalement plate de 20Hz à 20KHz à 1W sur charge résistive constante (et non pas sur l'impédance complexe inductive & capacitive variable dont la courbe est propre à chaque modèle d'enceinte).
 
Les paramètres de l'ampli qui provoquent ces fameuses variations de comportement : dans le grave, dans l'aigu, dans la capacité dynamique, dans le niveau de détail, et dans la restitution stéréo ...... sont principalement :
  1. la capacité de gestion par l'ampli de l'impédance et du déphasage des enceintes : lié principalement à la performance de sa contre-réaction (les variations de phase résultent des composantes capacitives et inductives de l'impédance des enceintes, qui varient selon la fréquence)
  2. l'impédance de sortie de l'ampli (DF) et la section du câble HP : qui conditionnent la tenue et la qualité des graves (voir mon autre article sur l'influence énorme de la section du câble HP)
  3. la rapidité de l'étage de puissance : lié à la qualité et à l'implémentation des transistors de puissance : les transistors MOS-FET et GaN sont très rapides qu'il s'agisse de commutation classe D ou de modulation classe A/B : ceci conditionne la capacité à retranscrire le spectre aigu sans distorsion
  4. le dimensionnement de l'alimentation : qui conditionne la capacité impulsionnelle ... et au passage : qui conditionne 90% de la capacité de "puissance" d'un ampli, vu qu'on fonctionne presque toujours à moins de 2x10W continu/RMS à haut volume, avec n'importe quelle paire d'enceintes.
En sono, le plus souvent : on se contre-fiche complètement de la phase car elle dépend de trop nombreux paramètres (il faudrait passer une semaine dans chaque salle pour l'améliorer) et de toute façon le public est répartit un peu partout, il n'entendra absolument aucune différence si on arrive à optimiser la scène stéréo : la gestion de la phase des HP est hors-sujet en sono puisqu'elle dépend aussi de la position d'écoute. 
 
Concernant les basses, en sono elles sont tellement boostées, avec des HP énormes et des milliers de watts : on n'est pas en train de chipoter sur la "profondeur" et la netteté des basses. Même les room modes sont plus ou moins hors-sujet car on souhaite inonder toute la salle d'une grande quantité de décibels et non pas chercher une écoute parfaite au sweet spot.
 
Il n'y a pas de débat : la Hifi et la sonorisation (y compris le Home Cinéma : car c'est de la sonorisation !!! ) sont deux domaines totalement différents de la restitution audio. Les exigences de la Hifi sont différentes des exigences de la Sono, ils ont donc chacun leur matos dédié à ces exigences : très fidèle d'un coté, très puissant de l'autre.
 
 


dimanche 18 décembre 2022

Cambridge CXA81 : que vaut cet ampli connecté anglais ?

 

Cet AM, de passage chez Son&Video j'en ai profité pour écouter le matos qui était branché en démo : Cambridge CXA81 sur Q Acoustics Concept 50.
 
 

 
Ces enceintes je les connais bien... donc ça permet de se faire une idée assez fiable de l'ampli.
 
Après quelques tentatives de connexion en Aptx-HD (l'ampli ne supporte pas LDAC) : passage en AAC car la connexion était instable (chez moi Aptx-HD porte à 10m)...

Écoute successive de :
 
Pink Floyd - Dogs (2018 Remix)  pour tester la scène stéréo

 
Magic Sword - Sword Of Truth pour tester les basses
 

 
Mazzy Star - Into Dust pour le rendu acoustique
 

 
Diana Krall - Don't Dream It's Over pour la voix et le centre fantôme
 

 
TesseracT - Dystopia pour tester la puissance impulsionnelle
 
 

 
Résultat assez décevant dans l'ensemble. Le point fort de cet ampli ............ ben j'ai beau chercher yen a pas :/
  • Basses anémiques
  • Aigus sans aucune présence (pourtant les tweeters des Q Acoustics sont très bons)
  • Scène stéréo floue, étroite, aucune aération, ça sonne "pâteux"... la misère
  • Aucune pêche : c'est tout mou
  • Mediums passables mais sans chaleur, pourtant Diana Krall a tendance à me "foutre les poils" sur ce morceau...
Bref : un ampli catastrophique que je vais essayer d'oublier le plus rapidement possible : en classe A/B sur on trouve 10x mieux pour 150€ sur Le Coin.
 
Quelle émerveillement de réécouter les mêmes morceaux sur mon système en arrivant à la maison : on est à des années lumière, une autre galaxie, le Technics pourrait coûter 10x plus cher : il aurait encore un bon rapport Q/P par rapport à ce truc de Cambridge. Même mon "petit" Yamaha est beaucoup plus performant, musical, précis, dynamique, que ce gros truc connecté et ... compliqué.
 
Merci à Son & Video pour leur accueil : leur Auditorium de Nantes est exceptionnel (2 étages). J'irais prendre quelques photos prochainement car franchement ça vaut le détour !
 
 
 

lundi 28 novembre 2022

Le retour des amplis à tubes !

Après avoir été complètement écartés de la haute fidélité : les amplificateurs à tubes sont de retour, sous des formes extravagantes exhibant ces jolies loupiotes ... pour des sommes incroyables. 

 

 

La musicalité du son "tube" est un phénomène réel. On sait depuis longtemps que les auditeurs apprécient l'ajout d'une certaine quantité de distorsion de deuxième harmonique, et les amplificateurs à tube produisent exactement ça, en raison d'énormes difficultés à maintenir une bonne linéarité avec des coefficients de rétroaction acceptables. 

Bien que cette distorsion puisse sembler agréable, la Hifi est censée être une histoire de précision, et si le son doit être modifié de cette manière : cela devrait se limiter à un réglage du panneau avant du pré-ampli ou de l'ampli intégré, genre "Smooth Old Sound : ON/OFF". 

Les tubes offrent certains avantages - leur comportement en saturation est plus doux que celui des semi-conducteurs, de sorte que même lors de l'écrêtage, le son est moins "dur" (harmoniques paires). Bien que cela soit souhaitable pour un amplificateur de guitare qui fonctionne en distorsion la plupart du temps, cela n'est d'aucune utilité pour la Hifi, où la distorsion doit être complètement évitée. 

Les amplis à lampes ont également (généralement, mais pas toujours) une impédance de sortie beaucoup plus élevée que les amplis à transistors, ce qui améliore le son de certaines enceintes et perturbe le fonctionnement d'autres, de sorte que les résultats sont imprévisibles. 

En fait il existe très peu d'amplis à tubes quel que soit leur coût qui auront de meilleures performances qu'un ampli à transistor moderne très basique. 

En effet, la grande majorité des amplis à transistors est si supérieure à tous les niveaux à n'importe quel ampli à tubes, qu'il est difficile de justifier l'utilisation de tubes dans autre chose que l'amplification guitare, où, malgré beaucoup de battage marketing : aucun ampli à transistor n'a jamais été capable de sonner exactement de la même manière qu'un ampli à lampes.... on s'en rapproche... mais c'est pas pareil.

L'apparition d'amplificateurs à tubes monobloc classe A à triode ... est vraiment étonnante. Ils ont généralement une distorsion harmonique abominable de 1 à 5% en régime nominal, sont de faible puissance (généralement moins de 5W continu), sans parler de l'usure / obsolescence programmée de la technologie à tubes. Un tel amplificateur génère de grandes quantités de distorsion harmonique de deuxième ordre et nécessite un très gros transformateur de sortie. La distorsion inhérente au transformateur à noyau de fer est omniprésente, et seule une violente rétroaction peut l'éliminer. Une  rétroaction importante autour d'un transformateur est extrêmement difficile à réaliser correctement, car les irrégularités de phase font généralement osciller l'amplificateur.... 

En synthèse : c'était peut-être l'état de l'art il y a 50 ans, mais il n'y a aucune raison valable d'utiliser des tubes pour l'amplification haute fidélité : tant qu'on y est pourquoi pas vanter les vertus des cylindres de cire ou du vinyle... comme ayant une sonorité supérieure au CD , LOOL 😅

Ci-dessous la forme typique de reproduction d'un signal "carré" par un très bon ampli à tube, à 100Hz, 1000Hz, et 10KHz, je vous laisse juger du massacre ...

 

 

Récemment, dans une revue, j'ai vu un ampli à plus de 2800€, un bidule à triode classe A annoncé 4% de THD à 10 watts .... ce qui est absolument épouvantable pour un ampli ... même bas de gamme : la plupart des haut-parleurs amplifiés pour PC font mieux que ça !

Je n'ai aucun doute que beaucoup d'amplis à tubes ont un son très doux, pas désagréable... ce n'est pas de la Hifi, mais je dois avouer que j'aime bien le Lowfi, de temps en temps...


 

 

 

mardi 1 novembre 2022

Review Triangle Genese Trio - Stereo Prestige & Image - ECOUTE ET MESURES

TRIANGLE GENESE TRIO - ECOUTE ET MESURES


Je vous partage un article écrit par un magazine audiophile plutôt sérieux (ça n'existe plus vraiment aujourd'hui....) concernant les Triangle Genese Trio 🙂


J'ai été positivement étonné de constater que la sensibilité mesurée est légèrement meilleure que celle annoncée par TRIANGLE... chez la plupart des constructeurs c'est plutôt l'inverse...

Ces enceintes sont presque identiques aux Triangle Signature Theta, et hormis le marketing "french touch" de la marque, elles offrent des performances et une restitution équivalente.

 



jeudi 20 octobre 2022

L'influence de l’impédance du câble HP sur le facteur d'amortissement

De l'influence de l’impédance du câble HP sur le facteur d'amortissement (Damping Factor, DF).
 
 
 
 
 
Le facteur d'amortissement (DF) de l'ampli est directement lié à son impédance de sortie HP : il représente principalement la faculté de l'ampli à amortir les oscillations indésirables de la membrane du HP. Plus l'impédance de sortie est faible, et plus l'ampli court-circuite la tension produite par le HP lorsque la membrane revient en position d'équilibre. On dit souvent qu'un bon facteur d'amortissement permet d'obtenir des graves plus nets. Pour faire simple : le facteur d'amortissement se calcule en divisant l’impédance à 1000Hz du HP (R) par celle de l'étage de sortie de l'ampli (r). 
 
DF = R/r

Le principe selon lequel un DF élevé permet de meilleures basses, a conduit les constructeurs à rechercher et afficher fièrement des valeurs de DF assez élevées, de l'ordre de 1000 et plus... : effectivement les amplis actuels sonnent en général plus sec dans le grave que les amplis des années 70/80. Dans ces années là le facteur d'amortissement était couramment situé entre 20 et 100 : de belles basses bien "grasses", un peu imprécises, mais douces, et un peu dangereuses pour certaines enceintes insuffisamment amorties (membranes volantes).
 
Marantz avait un DF relativement faible (20~40), de même que Pioneer. Les Pioneer "blue line" de cette époque produisent de très belles basses avec les enregistrement de l'époque dont le grave est mixé en retrait : mais attention aux membranes avec des enregistrements récents, d'autant que certains modèles (Pioneer SA708DC) pouvaient cracher du continu (descendre à 0 Hz).
 
Aujourd'hui, hormis quelques exceptions (NAIM essaye de maintenir le DF aux alentours de 100) : les amplis sont presque tous à plus de 200! Et on voit même des bidules qui montent à 1000, 5000, ... on va montrer rapidement que c'est inutile si on n'utilise pas du câble de forte section.
En effet : l'impédance du câble, qui est en série avec l'ampli (vu du HP) : s'additionne donc à celle de l'étage de sortie.
 
Donc prenons un ampli ayant un DF de 1000, donc une impédance de sortie de 8/1000 = 0.008Ω. Et prenons un câble HP de 3m en cuivre de 1.5mm2, ayant une résistivité de 0.017 Ω/m , soit une impédance de 3 x 0.017 /1.5 = 0.034 Ω. Le HP voit donc une impédance totale de charge de 2 x 0.034 + 0.008 = 0.076 Ω
 
Le facteur d'amortissement opérationnel est en fait égal à 8/0.076 = 106 !! Le câble fait passer le DF de 1000 à 106.

Le même calcul pour un ampli ayant un DF propre de 100 donne un DF opérationnel de 54 (avec le câble 1.5mm2 de 3m).

En conclusion il ne faut pas trop s'inquiéter du DF de l'ampli, et plus la section du câble HP est élevée, moins le DF de l'ampli sera altéré par le câble ! La section du câble est plus significative que le DF de l'ampli.

Notre ampli DF=100 précédant avec du câble de 5mm2 (toujours pour 3m de longueur) aura un DF opérationnel de 80 : soit similaire à celui de l'ampli DF=1000 avec son câble de 1.5mm2.

Pour conclure, la section du câble ayant, comme on l'a démontré, plus d'influence sur l'impédance de sortie aux bornes des enceintes, que l'impédance de sortie propre de l'ampli : 
  • Si vous avez des enceintes à suspensions assez souples (HP haut rendement) : utilisez du câble de forte section pour bien contrôler la membrane !
  • Avec un ampli à DF élevé (faible impédance), utiliser de préférence du câble de section 4mm2 afin de ne pas ruiner le DF de l'ampli.
  • Si vous estimez que votre ampli tient mal les membranes dans le grave : augmentez également la section de votre câble HP ! Votre vieux Pioneer sonnera plus "moderne".
  • Enfin.. pour les inconditionnels du son vintage : si vous voulez retrouver un son assez suave dans les basses, typé vintage : réduire la section du câble HP contribuera assez efficacement à faire en sorte que votre ampli moderne se comporte comme un vieux Marantz...
 
 

lundi 19 septembre 2022

Phonographe et faux semblants qui s'en suivent

  


Ayant vécu intensément l'époque précédent le passage de l'analogique,(bande, cassettes, vinyles) au numérique ( DAT, CD), je n'ai jamais lu , mais je n'ai pas la prétention d'être exhaustif, de comparatifs mettant en opposition le vinyle de ma jeunesse, et la gravure sur bakélite, voire sur cire, des générations passées. 

Les premiers enregistrements audio conservent en eux ce qui a fait défaut pendant des siècles: la mémoire de l'interprétation, qui a tant fait débat, et continue encore actuellement de le faire. Que de querelles intéressantes, parfois stériles, notamment durant le "renouveau" de l'intérêt du Baroque et de la Musique Ancienne qui ne gardaient que des traces écrites, mais malheureusement aucun témoignage que l'on puisse écouter. Ce sont donc de précieux éléments musicologiques et ethno-musicologiques que ces instants enregistrés. Mais c'est tout.

 Si on peut ressentir une émotion nostalgique en écoutant les cylindres portant la voix du Caruso en 1902, l'effort d'adaptation physiologique de l'oreille pour se débarrasser des parasites est indiscutable. Et il faut se dire que cet effort est identique, même si il est de moins forte intensité, quand on compare, sans instruments de mesure, uniquement avec son oreille , une restitution analogique ( vinyle, bande magnétique) face à du numérique. D'autant que maints systèmes que l'on écoute (entend?) sont loin d'avoir une qualité audio correcte. On devient alors des réservoirs de mauvais automatismes d'analyse grâce à ce qui nous est servi quotidiennement dès que l'on tourne un bouton ou que l'on décroche son téléphone: la médiocrité s'installe beaucoup plus vite à demeure que l'excellence, la captation d'information par processus répétitif, du moins pour la forme, faisant partie de l'attirail animal instinctif de notre espèce biologique. Rentre alors en jeu le processus de comparaison  guidé par notre propre expérience, ce qui n'est pas nécessairement le plus objectif.

Après, on peut toujours jouer la mauvaise foi en se croyant "bioniquement" supérieur, mais cela s'échappe du domaine scientifique pour rentrer dans celui de la croyance.Il n'y a alors aucune difficulté à sortir de son chapeau des arguments fantasques, l'imagination sans bornes étant aussi une caractéristique du fonctionnement de la matière grise humaine.


 Quant à l'apport de la preuve par la mesure physique de ses propres sentiments, j'attends avec impatience!