dimanche 18 décembre 2022

Cambridge CXA81 : que vaut cet ampli connecté anglais ?

 

Cet AM, de passage chez Son&Video j'en ai profité pour écouter le matos qui était branché en démo : Cambridge CXA81 sur Q Acoustics Concept 50.
 
 

 
Ces enceintes je les connais bien... donc ça permet de se faire une idée assez fiable de l'ampli.
 
Après quelques tentatives de connexion en Aptx-HD (l'ampli ne supporte pas LDAC) : passage en AAC car la connexion était instable (chez moi Aptx-HD porte à 10m)...

Écoute successive de :
 
Pink Floyd - Dogs (2018 Remix)  pour tester la scène stéréo

 
Magic Sword - Sword Of Truth pour tester les basses
 

 
Mazzy Star - Into Dust pour le rendu acoustique
 

 
Diana Krall - Don't Dream It's Over pour la voix et le centre fantôme
 

 
TesseracT - Dystopia pour tester la puissance impulsionnelle
 
 

 
Résultat assez décevant dans l'ensemble. Le point fort de cet ampli ............ ben j'ai beau chercher yen a pas :/
  • Basses anémiques
  • Aigus sans aucune présence (pourtant les tweeters des Q Acoustics sont très bons)
  • Scène stéréo floue, étroite, aucune aération, ça sonne "pâteux"... la misère
  • Aucune pêche : c'est tout mou
  • Mediums passables mais sans chaleur, pourtant Diana Krall a tendance à me "foutre les poils" sur ce morceau...
Bref : un ampli catastrophique que je vais essayer d'oublier le plus rapidement possible : en classe A/B sur on trouve 10x mieux pour 150€ sur Le Coin.
 
Quelle émerveillement de réécouter les mêmes morceaux sur mon système en arrivant à la maison : on est à des années lumière, une autre galaxie, le Technics pourrait coûter 10x plus cher : il aurait encore un bon rapport Q/P par rapport à ce truc de Cambridge. Même mon "petit" Yamaha est beaucoup plus performant, musical, précis, dynamique, que ce gros truc connecté et ... compliqué.
 
Merci à Son & Video pour leur accueil : leur Auditorium de Nantes est exceptionnel (2 étages). J'irais prendre quelques photos prochainement car franchement ça vaut le détour !
 
 
 

lundi 28 novembre 2022

Le retour des amplis à tubes !

Après avoir été complètement écartés de la haute fidélité : les amplificateurs à tubes sont de retour, sous des formes extravagantes exhibant ces jolies loupiotes ... pour des sommes incroyables. 

 

 

La musicalité du son "tube" est un phénomène réel. On sait depuis longtemps que les auditeurs apprécient l'ajout d'une certaine quantité de distorsion de deuxième harmonique, et les amplificateurs à tube produisent exactement ça, en raison d'énormes difficultés à maintenir une bonne linéarité avec des coefficients de rétroaction acceptables. 

Bien que cette distorsion puisse sembler agréable, la Hifi est censée être une histoire de précision, et si le son doit être modifié de cette manière : cela devrait se limiter à un réglage du panneau avant du pré-ampli ou de l'ampli intégré, genre "Smooth Old Sound : ON/OFF". 

Les tubes offrent certains avantages - leur comportement en saturation est plus doux que celui des semi-conducteurs, de sorte que même lors de l'écrêtage, le son est moins "dur" (harmoniques paires). Bien que cela soit souhaitable pour un amplificateur de guitare qui fonctionne en distorsion la plupart du temps, cela n'est d'aucune utilité pour la Hifi, où la distorsion doit être complètement évitée. 

Les amplis à lampes ont également (généralement, mais pas toujours) une impédance de sortie beaucoup plus élevée que les amplis à transistors, ce qui améliore le son de certaines enceintes et perturbe le fonctionnement d'autres, de sorte que les résultats sont imprévisibles. 

En fait il existe très peu d'amplis à tubes quel que soit leur coût qui auront de meilleures performances qu'un ampli à transistor moderne très basique. 

En effet, la grande majorité des amplis à transistors est si supérieure à tous les niveaux à n'importe quel ampli à tubes, qu'il est difficile de justifier l'utilisation de tubes dans autre chose que l'amplification guitare, où, malgré beaucoup de battage marketing : aucun ampli à transistor n'a jamais été capable de sonner exactement de la même manière qu'un ampli à lampes.... on s'en rapproche... mais c'est pas pareil.

L'apparition d'amplificateurs à tubes monobloc classe A à triode ... est vraiment étonnante. Ils ont généralement une distorsion harmonique abominable de 1 à 5% en régime nominal, sont de faible puissance (généralement moins de 5W continu), sans parler de l'usure / obsolescence programmée de la technologie à tubes. Un tel amplificateur génère de grandes quantités de distorsion harmonique de deuxième ordre et nécessite un très gros transformateur de sortie. La distorsion inhérente au transformateur à noyau de fer est omniprésente, et seule une violente rétroaction peut l'éliminer. Une  rétroaction importante autour d'un transformateur est extrêmement difficile à réaliser correctement, car les irrégularités de phase font généralement osciller l'amplificateur.... 

En synthèse : c'était peut-être l'état de l'art il y a 50 ans, mais il n'y a aucune raison valable d'utiliser des tubes pour l'amplification haute fidélité : tant qu'on y est pourquoi pas vanter les vertus des cylindres de cire ou du vinyle... comme ayant une sonorité supérieure au CD , LOOL 😅

Ci-dessous la forme typique de reproduction d'un signal "carré" par un très bon ampli à tube, à 100Hz, 1000Hz, et 10KHz, je vous laisse juger du massacre ...

 

 

Récemment, dans une revue, j'ai vu un ampli à plus de 2800€, un bidule à triode classe A annoncé 4% de THD à 10 watts .... ce qui est absolument épouvantable pour un ampli ... même bas de gamme : la plupart des haut-parleurs amplifiés pour PC font mieux que ça !

Je n'ai aucun doute que beaucoup d'amplis à tubes ont un son très doux, pas désagréable... ce n'est pas de la Hifi, mais je dois avouer que j'aime bien le Lowfi, de temps en temps...


 

 

 

mardi 1 novembre 2022

Review Triangle Genese Trio - Stereo Prestige & Image - ECOUTE ET MESURES

TRIANGLE GENESE TRIO - ECOUTE ET MESURES


Je vous partage un article écrit par un magazine audiophile plutôt sérieux (ça n'existe plus vraiment aujourd'hui....) concernant les Triangle Genese Trio 🙂


J'ai été positivement étonné de constater que la sensibilité mesurée est légèrement meilleure que celle annoncée par TRIANGLE... chez la plupart des constructeurs c'est plutôt l'inverse...

Ces enceintes sont presque identiques aux Triangle Signature Theta, et hormis le marketing "french touch" de la marque, elles offrent des performances et une restitution équivalente.

 



jeudi 20 octobre 2022

L'influence de l’impédance du câble HP sur le facteur d'amortissement

De l'influence de l’impédance du câble HP sur le facteur d'amortissement (Damping Factor, DF).
 
 
 
 
 
Le facteur d'amortissement (DF) de l'ampli est directement lié à son impédance de sortie HP : il représente principalement la faculté de l'ampli à amortir les oscillations indésirables de la membrane du HP. Plus l'impédance de sortie est faible, et plus l'ampli court-circuite la tension produite par le HP lorsque la membrane revient en position d'équilibre. On dit souvent qu'un bon facteur d'amortissement permet d'obtenir des graves plus nets. Pour faire simple : le facteur d'amortissement se calcule en divisant l’impédance à 1000Hz du HP (R) par celle de l'étage de sortie de l'ampli (r). 
 
DF = R/r

Le principe selon lequel un DF élevé permet de meilleures basses, a conduit les constructeurs à rechercher et afficher fièrement des valeurs de DF assez élevées, de l'ordre de 1000 et plus... : effectivement les amplis actuels sonnent en général plus sec dans le grave que les amplis des années 70/80. Dans ces années là le facteur d'amortissement était couramment situé entre 20 et 100 : de belles basses bien "grasses", un peu imprécises, mais douces, et un peu dangereuses pour certaines enceintes insuffisamment amorties (membranes volantes).
 
Marantz avait un DF relativement faible (20~40), de même que Pioneer. Les Pioneer "blue line" de cette époque produisent de très belles basses avec les enregistrement de l'époque dont le grave est mixé en retrait : mais attention aux membranes avec des enregistrements récents, d'autant que certains modèles (Pioneer SA708DC) pouvaient cracher du continu (descendre à 0 Hz).
 
Aujourd'hui, hormis quelques exceptions (NAIM essaye de maintenir le DF aux alentours de 100) : les amplis sont presque tous à plus de 200! Et on voit même des bidules qui montent à 1000, 5000, ... on va montrer rapidement que c'est inutile si on n'utilise pas du câble de forte section.
En effet : l'impédance du câble, qui est en série avec l'ampli (vu du HP) : s'additionne donc à celle de l'étage de sortie.
 
Donc prenons un ampli ayant un DF de 1000, donc une impédance de sortie de 8/1000 = 0.008Ω. Et prenons un câble HP de 3m en cuivre de 1.5mm2, ayant une résistivité de 0.017 Ω/m , soit une impédance de 3 x 0.017 /1.5 = 0.034 Ω. Le HP voit donc une impédance totale de charge de 2 x 0.034 + 0.008 = 0.076 Ω
 
Le facteur d'amortissement opérationnel est en fait égal à 8/0.076 = 106 !! Le câble fait passer le DF de 1000 à 106.

Le même calcul pour un ampli ayant un DF propre de 100 donne un DF opérationnel de 54 (avec le câble 1.5mm2 de 3m).

En conclusion il ne faut pas trop s'inquiéter du DF de l'ampli, et plus la section du câble HP est élevée, moins le DF de l'ampli sera altéré par le câble ! La section du câble est plus significative que le DF de l'ampli.

Notre ampli DF=100 précédant avec du câble de 5mm2 (toujours pour 3m de longueur) aura un DF opérationnel de 80 : soit similaire à celui de l'ampli DF=1000 avec son câble de 1.5mm2.

Pour conclure, la section du câble ayant, comme on l'a démontré, plus d'influence sur l'impédance de sortie aux bornes des enceintes, que l'impédance de sortie propre de l'ampli : 
  • Si vous avez des enceintes à suspensions assez souples (HP haut rendement) : utilisez du câble de forte section pour bien contrôler la membrane !
  • Avec un ampli à DF élevé (faible impédance), utiliser de préférence du câble de section 4mm2 afin de ne pas ruiner le DF de l'ampli.
  • Si vous estimez que votre ampli tient mal les membranes dans le grave : augmentez également la section de votre câble HP ! Votre vieux Pioneer sonnera plus "moderne".
  • Enfin.. pour les inconditionnels du son vintage : si vous voulez retrouver un son assez suave dans les basses, typé vintage : réduire la section du câble HP contribuera assez efficacement à faire en sorte que votre ampli moderne se comporte comme un vieux Marantz...
 
 

lundi 19 septembre 2022

Phonographe et faux semblants qui s'en suivent

  


Ayant vécu intensément l'époque précédent le passage de l'analogique,(bande, cassettes, vinyles) au numérique ( DAT, CD), je n'ai jamais lu , mais je n'ai pas la prétention d'être exhaustif, de comparatifs mettant en opposition le vinyle de ma jeunesse, et la gravure sur bakélite, voire sur cire, des générations passées. 

Les premiers enregistrements audio conservent en eux ce qui a fait défaut pendant des siècles: la mémoire de l'interprétation, qui a tant fait débat, et continue encore actuellement de le faire. Que de querelles intéressantes, parfois stériles, notamment durant le "renouveau" de l'intérêt du Baroque et de la Musique Ancienne qui ne gardaient que des traces écrites, mais malheureusement aucun témoignage que l'on puisse écouter. Ce sont donc de précieux éléments musicologiques et ethno-musicologiques que ces instants enregistrés. Mais c'est tout.

 Si on peut ressentir une émotion nostalgique en écoutant les cylindres portant la voix du Caruso en 1902, l'effort d'adaptation physiologique de l'oreille pour se débarrasser des parasites est indiscutable. Et il faut se dire que cet effort est identique, même si il est de moins forte intensité, quand on compare, sans instruments de mesure, uniquement avec son oreille , une restitution analogique ( vinyle, bande magnétique) face à du numérique. D'autant que maints systèmes que l'on écoute (entend?) sont loin d'avoir une qualité audio correcte. On devient alors des réservoirs de mauvais automatismes d'analyse grâce à ce qui nous est servi quotidiennement dès que l'on tourne un bouton ou que l'on décroche son téléphone: la médiocrité s'installe beaucoup plus vite à demeure que l'excellence, la captation d'information par processus répétitif, du moins pour la forme, faisant partie de l'attirail animal instinctif de notre espèce biologique. Rentre alors en jeu le processus de comparaison  guidé par notre propre expérience, ce qui n'est pas nécessairement le plus objectif.

Après, on peut toujours jouer la mauvaise foi en se croyant "bioniquement" supérieur, mais cela s'échappe du domaine scientifique pour rentrer dans celui de la croyance.Il n'y a alors aucune difficulté à sortir de son chapeau des arguments fantasques, l'imagination sans bornes étant aussi une caractéristique du fonctionnement de la matière grise humaine.


 Quant à l'apport de la preuve par la mesure physique de ses propres sentiments, j'attends avec impatience!

mercredi 31 août 2022

De la puissance des amplificateurs audio

 Sur la puissance annoncée des amplificateurs audio.


Abstract: l'objectif de la Hifi est de reproduire de façon réaliste et agréable, des enregistrements à volume modéré sans aucune perturbation, bruit, et limite de dynamique. L'objectif nest pas de faire gueuler le plus fort possible avec des basses disproportionnées (ça c'est de la sonorisation dance floor ou du Cinéma : endroits que tout audiophile devrait fuir pour ne pas se détruire les tympans). 
 
Contrairement aux idées reçues : en ECOUTE HIFI la puissance nécessaire ne dépend pas de la taille de la pièce d'écoute car on écoute toujours au point focal (sweet spot) à environ 3m ou 4m des enceintes. Dans une grande pièce on a juste une réverbération plus longue, et encore : en Hifi on doit s’arranger pour que la reverb reste toujours en dessous de RT60=0.4 secondes environ via un traitement acoustique.  

Néanmoins pour obtenir de la dynamique il faut que l'ampli dispose d'une certaine capacité de "puissance".

Mais quelle puissance ? puissance continue ? puissance impulsionnelle ? à quel taux de distorsion ? et la puissance est-elle vraiment importante ?


samedi 27 août 2022

Le "HIRES" est-il inutile ?

Abstact : il y a deux paramètres : la largeur de bits : 16, 24 , 32 (qui joue sur les niveaux de volume et donc la dynamique, ou rapport signal/bruit ; et la fréquence d’échantillonnage (qui détermine la bande passante 44.1KHz d’échantillonnage permet de reproduire jusqu'à 22.05KHz, 96KHz d’échantillonnage permet de reproduire jusqu'à 48KHz, etc...). Le CD contient du 16 bits échantillonné à 441KHz.



En illustration ci-dessus : vous pouvez admirer un superbe exemple de désinformation marketing au sujet de la musique "HIRES" (HIRES c'est plus de 48KHz, et plus de 16bits).

De fait : la légende urbaine la plus en vogue, résultant de cette désinformation est contenue dans le terme "HIRES", qui conduit le grand public à penser que la "résolution" audio est plus grande à 96KHz (HIRES) qu'à 44.1KHz (CD).

Commençons par la fréquence d’échantillonnage :

Il est prouvé que l'échantillonnage 44.1KHz permet de reconstruire exactement un signal analogique jusqu'à 22KHz, sans aucune approximation : si on superpose les deux signaux (soustraction de signal) :

jeudi 25 août 2022

Review et test amplificateur FDA TECHNICS SU-C700 EG-S




REVIEW du Technics SU-C700 EG-S : un véritable choc auditif

Le Technics SU-C700 est un gros bébé par rapport à la plupart des amplis que j'ai eu en écoute récemment tels que le Teac AX505, mais sa largeur est inférieure au standard... donc il est relativement compact au final, si on le compare aux amplis de sa gamme. la construction est en alliage d'aluminium "massif", une finition surprenante, inhabituelle à ce niveau de prix, ça me fait penser à certains matériels audiophiles italiens inabordables.



Je le compare ici à l'excellent Denon 1055R, au TEAC AX505, utilisant un module Hypex haut de gamme, et également au petit mais très puissant Classe D Ayima A07 (avec son alimentation 48V / 10A et des amplificateurs opérationnels OPA LM4562).

Le Technics SU-C700 est un pur FDA, pas besoin de DAC. Je l'attaque donc directement via la sortie optique de mon récepteur LDAC. C'est une électronique JENO "propriétaire Technics" à composants discrets, pas de circuit FDA Texas Instruments ou STMicroelectronics... ne pas chercher d'équivalence sur le marché : il n'y en a pas. Technics affirme qu'il comporte un circuit de réduction du jitter (gigue) qui élimine la gigue sur toute la gamme de fréquences audibles. 

Lors de sa première mise sous tension j'ai lancé immédiatement le calibrage LAPC (Load Adaptative Phase Calibration) : un algorithme de traitement du signal pour optimiser la réponse amplitude/phase du système sensé linéariser la réponse globale du couple amplificateur - enceintes pour une restitution plus fidèle sur l'ensemble du spectre. Durant 10 minutes l'ampli envoi une série de pulsations de différentes fréquences à gauche et à droite, puis le voyant LAPC s'allume. On peut ensuite l'activer ou le désactiver via la télécommande, qui commande également le volume motorisé et quelques autres fonctions.


vendredi 11 mars 2022

Idiophiles versus le reste du monde

 


Il y a 3 catégories d'amateurs de Hifi :
 
1) les plus nombreux : les "mélomanes" : juste des amateurs de musique qui ne prétendent pas disposer de capacités d'audition particulières, et ont le plus souvent peu de connaissances (électroniques ou electro-acoustiques) en audio, ce qui n'est absolument pas honteux : ils souhaitent juste apprécier la restitution selon le plaisir qu'elle leur procure, bidouiller la technique n'étant pas l'objectif principal de la Hifi. 
Malheureusement : c'est aussi eux les nouveaux acheteurs "victimes" de ces fameux disques 33 tours dont on espérait bien être définitivement débarrassé : ils trouvent ça cool, ça leur rappelle leur enfance (ou celle de leur père), et en plus les experts du marketing disent que : plus de 10% de distorsion et : à peine 30dB de plage dynamique : c'est ce qu'il y a de mieux ... alors !! 

2) Les "audiophiles", les geeks de l'audio, le plus petit nombre parmi les amateurs de Hifi . Les audiophiles ont en général de bonnes notions des principes électroniques et acoustiques qui sous-tendent la technologie Hifi : ils savent que l'acoustique de la pièce d'écoute est primordiale, qu'en ce qui concerne le système lui-même les enceintes conditionnent ~60% du résultat, l'ampli ~30%, le DAC ~10%. Il savent aussi que selon le principe de Nyquist : le format CD (ou FLAC 16 bits) permet de restituer parfaitement 100% du signal audio analogique avec toutes ses fréquences et harmoniques, avec absolument aucune déformation même la plus infime, jusqu’à environ 2x la limite de capacité d'audition humaine, et avec un niveau de bruit inférieur à -100dB (ce qui procure au 16 bits une dynamique déjà presque 2x trop grande pour être entendue par n'importe quelle oreille existante ...).

3) les idiophiles : ils sont légion, pour une bonne partie d'entre eux ils ont toujours plus ou moins été "idio-XXXX" dans différents domaines comme les voitures "de sport", les montres suisses, etc..., ils mettraient volontiers un boomer de 38cm dans le coffre de leur BMW d'occasion (ou des colonnes dans leur salon de 20m2). Leur point commun : il n'ont pas la moindre idée de ce qu'ils fabriquent mais sont malgré tout convaincus d'être des "audiophiles" et ils l'affirment bien haut ! Courbe de Harman, rapport signal/bruit, compression dynamique versus compression de données numériques, principes de psycho-acoustique... : ils n'ont pas le premier début d'une idée de ce que ces termes signifient. Ceux là pensent que la qualité de restitution dépend linéairement du prix d'achat du matériel. Ils pensent aussi que le diamètre du câble d'alim de leur tourne-disque élargi la scène sonore, que les câbles HP ont un impact énorme sur la restitution... etc : ils vivent dans un monde bien à eux, peuplé d'amplis en marbre, de bibelots absorbeurs d'électricité statique ... Leur parquet est plein de petits trous laissés par des pointes de couplage (dont ils n'ont jamais vraiment compris qu'elles ne "découplent" pas mais font exactement l'inverse : transformant leur parquet en gigantesque caisse de résonance !!) De fait : ils ne participent jamais aux tests ABX car ça ne sert à rien, c'est bien connu : ce qui compte c'est qu'on puisse admirer ces énormes câbles électriques d'alimentation disposés sur de petits supports en acajou...
 

 

dimanche 26 décembre 2021

De la distorsion harmonique

 Comprendre la notion de distorsion harmonique.

La distorsion harmonique est une déformation "non linéaire" du signal sonore. Cette déformation modifie le "son" : modification du spectre / ajout de fréquences parasites aigues, modification du timbre.

Pour bien comprendre la notion de "non linéaire" un contre-exemple est utile : quand on change le volume d'un signal il s'agit également d'une déformation du signal : on modifie son amplitude. Mais le changement de volume est une déformation "linéaire" : on ne change pas la forme du signal car on ne modifie le signal que selon un seul axe, et on modifie linéairement l'intégralité de l'onde sonore.

On calcule la déformation des signaux en utilisant une méthode mathématique appelée Transformée de Fourier. Pour faire simple : on calcule quelles sont les fréquences et les amplitudes d'une série infinie de signaux sinusoïdaux, qui additionnés : reproduisent exactement la forme complexe du signal qu'on veut analyser.

En résumé : à la place d'un signal musical dont la forme est infiniment complexe, on substitue une infinité de signaux dont la forme est la plus simple qui soit : des sinusoïdes de fréquences différentes. Chacune de ces sinusoides (sauf la première) : sont appelées "harmoniques".


Notons au passage le fait que les harmoniques n'existent pas réellement dans le monde réel (ça choc souvent les ingénieurs du son qui travaillent toute l'année en utilisant les harmoniques mais qui n'ont pas de formation scientifique, hehe :p ...) : les harmoniques sont uniquement des équations qui permettent l'analyse de la forme et la compréhension des modifications d'un signal infiniment complexe. Bien entendu ces équations reflètent le signal réel, donc d'une certaine manière : on peut "entendre" les harmoniques : du moins on entend la caractéristique sonore du signal complexe qui correspond à l'harmonique.

Revenons maintenant à la distorsion : la distorsion modifie la forme du signal. Par exemple, un transistor qui "sature" va décapiter l'onde : tronçonner toutes les pointes d'amplitude : le signal est modifié. Si on calcule les harmoniques du signal d'origine "non abimé" et qu'on réalise le même calcul sur le signal distordu : on constate que la distorsion a modifié le nombre et/ou l'amplitude de certaines harmoniques, et qu'elle a ajouté une grande quantité d'harmonique de fréquences élevées.

Calculer le THD / Taux de Distorsion Harmonique : c'est calculer la quantité d'harmoniques qui ont été ajoutées par la déformation du signal d'origine. Le taux de distorsion harmonique se mesure normalement harmonique par harmonique en comparant le signal en sortie d'un ampli au signal d'entrée parfaitement sinusoïdal. En effet ce signal d'entrée sinusoidal est un cas particulier de signal comportant une seule harmonique : lui même (l'harmonique fondamentale). Il est donc très simple de comparer l'entrée et la sortie afin de mesurer en quelque sorte : combien d'harmoniques ont été ajoutées par l'ampli.

Le THD influence la qualité de restitution d'un signal : écoute fatigante, mal de tête à la fin de l'écoute, son dénaturé et désagréable.

Dans le grave, on peut admettre 1% THD, ce n'est pas perceptible. Dans la zone de prédilection de la voix, à environ 1khz : 1% THD est perceptible.

En dessous de 1% THD la distorsion sera perçue comme de la fatigue auditive. On considère généralement que 0.1% THD est la limite en dessous de laquelle la distorsion n'est pas perceptible : c'est le standard Hifi.

La perception de la distorsion dépend aussi d'un autre facteur : la parité. Pour simplifier Les harmoniques dites "paires" sont en quelque sorte "synchronisées" avec le signal principal (leur fréquence est un multiple pair de la fréquence d'entrée fondamentale : 2, 4, 6 ...). Les harmoniques impaires ont des fréquences multiples de 3, 5, 7, ... Et il se trouve que notre oreille déteste les harmoniques impaires (du moins : notre oreille déteste les "déformations de signal correspondant à des harmoniques impaires", car rappelons le : les harmoniques n'existent pas, ce sont des équations). Pour illustrer ça, par exemple : les amplificateurs à tubes génèrent beaucoup de distorsion, mais comportant plus d'harmoniques paires que d'harmoniques impaires : c'est la raison pour laquelle on ne perçoit pas la distorsion des tubes comme désagréable (on appelle ça un son "chaud")...


Pourtant de la distorsion : il y en a en sortie de tube ! Les amplis à tube ne peuvent plus à proprement parler être considérés comme "Hifi" car ils produisent trop de distorsion, même si on ne l'entend pas forcément. Un ampli à transistor est toujours utilisé dans sa zone linéaire, qui est plus étendue, et ou il ne produit "aucune" distorsion (du moins tellement peu que c'est négligeable).

D'une façon générale, un fabricant doit donner la valeur de la distorsion harmonique THD dans le pire des cas : à la puissance MAX de l'ampli, et à la fréquence ou la distorsion est la plus perceptible.

Un ampli se disant Hifi doit donc annoncer sa puissance max à moins de 0.1% THD et à 1000Hz.

Si ces valeurs e sont pas fournies : alors il convient de se procurer la courbe THD versus Puissance : et on peut ainsi déterminer soit même la puissance max réelle selon le standard Hifi : ce sera la puissance obtenue sans dépasser 0.1% THD.



Certains constructeurs annoncent leur puissance max sans préciser que c'est à 10% THD, d'autres annoncent le THD à 1 Watt RMS... soyons vigilants !

Exemples : Denon PMA1055R annonce les deux paramètres: 0.07% THD à 2x120W RMS, et 0.01% THD à 1W RMS : c'est bien un ampli pouvant fonctionner à fond sans produire la moindre distorsion perceptible. SMSL AD18 n'annonce qu'une seule valeur de 0.04% à 1W RMS, et annonce par ailleurs 2x80W RMS sans préciser le THD. Hors le circuit utilisé est à 10% THD à 80W : de facto selon le standard Hifi cet ampli fait environ 2x10W RMS à 0.1% THD.